La grande route de la plaine

d'Aire /Adour à Maubourguet

 

 Au milieu du XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XV, une grande route doit être construite entre Mont de Marsan et Tarbes afin de relier l'Aquitaine aux Pyrénées Centrales. Elle passera par Aire sur Adour et Maubourguet,  deux bourgs importants situés sur le trajet.


Route d'Aire sur l'Adour à Maubourguet

Contre toute attente, le tracé d'Aire à Maubourguet n'empruntera pas la vallée, le long de l'Adour mais plutôt une route de crête difficile passant par Viella et Madiran. C'est sous l'influence des riches négociants en vins du Vic Bilh que s'imposera ce tracé afin de favoriser leur commerce vers la Bigorre et l'Atlantique par Bayonne.

 Ce n'est que quelques années plus tard que fut envisagée une route de plaine. Celle-ci sera construite entre 1777 et 1784 et passera par Saint-Germé, Plaisance, Ladevèze, la côte d'Auriébat puis Maubourguet. La vallée de l'Adour en amont de Riscle était alors impraticable en raison de nombreuses zones inondables et marécageuses (Cahuzac, Castelnau, Préchac, Jû, Labatut,...) et du lit du fleuve non encore stabilisé.


   Cette nouvelle route, aujourd'hui D14, va permettre notamment le désenclavement de la plaine de La Devèze. Les paroisses de Saint-Laurent, Saint-André et Saint-Pierre étaient particulièrement pauvres à l'époque malgré un fort potentiel avec des grains et des vignes d'excellente qualité notamment. L'absence de voies de communication en était la raison principale.

  Mais le tracé "à la règle" de la nouvelle route dans la plaine de La Devèze  ne convainquit pas tous les riverains. Ainsi, à Saint-Laurent en Devèze, Mme de Polastron et M. Barquissau, entre autres, sur les propriétés desquels la route devait passer, créèrent un syndicat de riverains en septembre 1778. Ils  souhaitaient que le tracé ne passe pas par la plaine mais qu'il emprunte l'ancien chemin ou qu'il rejoigne directement la Ville (quartier de la Madeleine). Le syndicat n'obtint pas gain de cause  mais les riverains purent en retour s'approprier les vieux chemins devenus alors  inutiles.

 

Le tracé de cette route va aussi être à l'origine du quartier de Rapine à Plaisance. De nombreuses habitations vont en effet voir le jour de part et d'autre de la nouvelle rue des Pyrénées sur près d'un kilomètre en direction du Sud et des premières maisons déjà présentes sous l'Ancien Régime  (voir plan ci-contre et ci-dessous).

Quartier Rapine Plaisance du Gers Rue des Pyrénées

Quartier Rapine Plaisance du Gers Rue des Pyrénées 1935

 Aujourd'hui, cette ancienne grand route d'Aire sur l'Adour à Maubourguet se nomme D935 de Barcelonne du Gers à Monplaisir (Riscle), D3 jusqu'au Giratoire de Bonnet, D946 jusqu'au centre de Plaisance puis D14 jusqu'à Auriébat et enfin D943 jusqu'à Maubourguet. 

Ci-contre à gauche, une ancienne photo de la rue des Pyrénées et du quartier de Rapine. Elle est prise du Nord à l'intersection avec la rue du Moulin (feu tricolore actuel). Le vieux château d'eau n'existait pas encore.

Rue des Pyrénées Quartier Rapine 1970 Plaisance du Gers

Ci-dessus, une photo de la rue des Pyrénées prise en 1970 au niveau des maisons Lartigue et Dubuc.