Plaisance, bastide comtale

 

  Le territoire de Ribaute (litt. Rive-Haute ou Auterive) et le hameau du même nom, que l'on peut considérer comme le Plaisance primitif, étaient situés sur la rive gauche de l'Arros à proximité d'un gué. Ils appartenaient au seigneur Jean d'Arribaute (Jean d'Auterive) de La Devèze. L'église du petit village, Sainte-Quitterie de Ribaute était sous le patronage des chanoines de l'Abbaye de La Case Dieu (Casa Dei) depuis le début du XIIème siècle. Ces derniers, souhaitant établir un foyer de population sur ces terres qu'ils jugeaient propices, achetèrent donc en 1299 ce territoire au seigneur de La Devèze.

    En 1322, par un paréage (contrat) entre l' abbé de La Case Dieu Vital de Lagarde et le comte Jean Ier d'Armagnac, fut créée une ville nouvelle, une bastide, à proximité immédiate de l'Arros. Les comtes d'Armagnac alors indépendants de la Couronne y virent l'occasion de tenir tête au deux bastides royales voisines nouvellement créées : Beaumarchès en 1288 et Marciac en 1298. La bastide originelle fut d'ailleurs un temps baptisée "Bastide d'Armagnac" avant de prendre le nom d'une grande ville étrangère (Plasentia) comme de nombreuses autres bastides gasconnes (Barcelonne, Fleurance,...).

Sa superficie était d'environ 8 ha (voir ci-dessous en rouge).

   La partie Nord-Est de l'enceinte initiale longeait le ruisseau des Péjous appelé aussi "fossé vieux" emprunté par le Canal de Cassagnac.

 Ravagée par deux fois durant la Guerre de Cent-Ans (1337 et 1355), la bastide renaîtra de ses cendres mais avec une superficie divisée par quatre, beaucoup plus conforme au potentiel démographique de l'époque et surtout plus facile à défendre (enceinte en mauve sur la photo ci-contre).


   Après deux siècles de paix, les guerres de Religion viennent à nouveau affaiblir la petite cité qui se voit attaquée par les troupes protestantes de Jeanne d'Albret, mère d'Henri IV. Les huguenots béarnais avaient établi garnison à Castelnau et pillèrent la Rivière-Basse catholique, Plaisance notamment, durant l'année 1569.

 Sous le règne de Louis XIV, l'année 1653 fut aussi une année noire avec la terrible épidémie de peste qui frappa la Gascogne et où Plaisance perdit plus de 15 % de sa population.

Sur la carte de Cassini, ci-contre, on peut remarquer que la bastide, bien qu'accolée, est distincte du quartier de  Ribaute au sud. Le moulin seigneurial est bien présent sur le canal de Rousset, rive gauche de l'Arros. 

Nous sommes en 1770 et le quartier des Péjoux ou Péjous (quartier de la maison de retraite aujourd'hui) est encore un petit hameau indépendant.


La porte Saint-Nicolas

Ci-dessous un croquis évoquant le Plaisance médiéval avec :

- les remparts sur trois côtés, l'Arros protégeant le quatrième,

      - la chapelle Saint-Nicolas,

      - la halle sur la Grand-Place,

      - les deux portes et le fossé qui ceinturait la ville.

 

Nota: la porte de l'ancienne église Saint-Nicolas est aujourd'hui utilisée comme porte d'entrée de la Mairie de Plaisance (entrée Est côté Arros).


 Extra muros on trouvait :

       - le moulin du vieux Plaisance,

       - l'église paroissiale Sainte-Quitterie,

       - le vieil ospital, futur hôpital Sainte-Croix avec sa chapelle,

       - quelques maisons isolées,

       - le pont de bois qui enjambe l'Arros au niveau du gué. Il ne sera déplacé que plus tard.

 

On peut noter l'emplacement du Plaisance originel "Ribaute".

 

       A côté du pont de bois, se trouvait un gué qui permettait d'atteindre la rive droite.

Dessin ou croquis de la bastide de Plaisance du Gers à la fin du moyen âge