L'école de Ladevèze-Rivière

L'imposant groupe scolaire et maison commune de Ladevèze-Rivière

 

  L'école de Ladevèze-Rivière d'architecture "IIIème République" a vu le jour suite aux lois de 1878 et 1882 incitant les communes à se doter d'une maison d'école et instituant l'école obligatoire pour tous les garçons et filles de 6 à 13 ans.

La commune, alors peuplée de 650 habitants, va réaliser un important investissement avec la construction d'un groupe scolaire doté de deux salles de classe (école de garçons, école de filles), de deux logements de fonction avec dépendances et de la mairie. Comme de nombreuses écoles rurales elle a aujourd'hui fermé ses portes. Les derniers élèves l'ont quittée en juin 2011.

  Située derrière le presbytère (aujourd'hui foyer rural), le long de la route de Plaisance à Maubourguet et à proximité de l'église, l'école était idéalement placée pour les enfants de la paroisse de Saint-Laurent mais un peu excentrée pour ceux de Saint-André.

Dès 1878, deux instituteurs sont présents :  M. Verdier et Mme Dussaux. Mme Dussaux sera remplacée par Mme Pères puis par Mme Sarniguet et Mlle Cazalieu. Jean-Baptiste Verdier fut instituteur durant plus de 30 ans et longtemps aussi chef de musique et directeur de la Société Chorale de Ladevèze. 

école de ladevèze-Rivière 1919 autrefois

Ci-dessus une photo de la classe des filles vers 1919


école de ladevèze-Rivière 1920 autrefois

La classe des garçons vers 1920 avec M. Maupomé.

M. Abadie remplacera M. Maupomé en 1921 et Mme Abadie viendra rejoindre son mari au moment de la retraite de Mme Maupomé en 1924.

 

 Durant l'entre-deux-guerres, la gémination des écoles est peu à peu encouragée : la maîtresse enseigne maintenant en classe mixte aux plus petits et le maître aux plus grands. La cour de récréation reste divisée en deux parties distinctes.

 

 En 1908 M. et Mme Maupomé sont nommés. Dès lors, ce sont essentiellement des couples d'instituteurs, mari et femme qui se succéderont à Ladevèze-Rivière. Jean-Marie Maupomé était né à Haut-Nistos dans les Hautes-Pyrénées en 1852. Son épouse Marie Boulin était gersoise née à Panjas en 1863.

  

Généralement le maître était aussi secrétaire de mairie et parfois même membre du conseil municipal. 

 

école de ladevèze-Rivière 1954 autrefois

L'ensemble des élèves en 1955


école de ladevèze-Rivière1958 autrefois

La classe des grands vers 1958

Le couple Abadie restera en poste jusqu'à la seconde guerre mondiale.  Mlle Roucau sera un temps nommée en compagnie de M. Gers puis M. et Mme  Saramon pour une année.

 

 

Les années d'après guerre, celles du baby boom seront marquées par la présence de M. et Mme Dubos pendant plus de 20 ans jusqu'en juin 1970. M. Dubos fut conseiller municipal et Mme, secrétaire de mairie.



Souvenirs d'une ancienne élève de M. et Mme Dubos (1953-1960)

 Je suis entrée à l'école à la rentrée de Pâques 1953, à l'âge de quatre ans. C'était dans la classe de Madame Dubos. Madame, comme tout le monde l'appelait, était très stricte et portait toujours une blouse blanche. Elle enseignait aux enfants, garçons et filles, du cours enfantin au cours élémentaire.

La semaine débutait de lundi matin pour se terminer le samedi après-midi. Le jeudi était journée de repos.


 Les pupitres inclinés doubles de la salle de classe étaient en bois avec le trou pour l'encrier en porcelaine blanche. Les grandes fenêtres à l'est étaient suffisamment hautes pour ne pas que les élèves puissent être distraits par la cour ou la route et le tableau noir qui nous faisait face était en trois parties, une fixe et deux mobiles sur les côtés. Le poêle était situé au milieu de la classe et permettait outre de chauffer la salle, de tenir chaudes les gamelles des enfants qui ne rentraient pas chez eux à midi. J'ai le souvenir des belles cartes et des planisphères accrochés aux murs, des affiches qui mentionnaient des dates célèbres : 732, 1515, 1610, ...

Pour apprendre à compter, nous fabriquions des bûchettes en osier. Des paquets de dix reliés par des élastiques (vieilles chambres à air de vélo) nous permettaient de faire les dizaines.

Je me souviens aussi des trajets maison-école, toujours à pied, au cours desquels, avec frères, soeurs, voisins, voisines qui nous rejoignaient au fur et à mesure, nous nous arrêtions aux épiceries Verdier ou Lauga pour acheter des bonbons à l'unité. En janvier ou février, dans le silence d'un matin d'hiver nous entendions parfois les cris d'un début de tue-cochon.

  A l'âge de neuf ans, je suis entrée dans la classe des grands chez M. Dubos, Monsieur, avec son béret et sa blouse grise. Il enseignait lui aussi en classe mixte du cours moyen au cours supérieur. Je me rappelle la longue baguette de bambou qui permettait au maître de suivre le cours d'un fleuve sur une carte, de désigner une ville, un pays ou parfois de donner un petit coup sur la tête d'un élève distrait ou indiscipliné.

La cour de récréation était partagée en deux parties par une ligne virtuelle, les garçons d'un côté, les filles de l'autre avec chacune son préau et ses sanitaires "à la turque". Nous, les filles, jouions à la balle, à la corde à sauter, les plus petites faisaient des rondes en chantant "passez pompons les carillons".

  Un souvenir des plus agréables de l'avant goût des grandes vacances était le dernier jour de classe car à midi nous ramenions l'encrier en vue de le nettoyer soigneusement pour la rentrée suivante (surtout pas avec de l'eau de Javel ! recommandait le maître). C'était donc une journée exquise : pas de classe l'après-midi et on avait même l'autorisation d'aller cueillir des groseilles à maquereau dans le jardin de l'école.  

C'était le temps de l'insouciance à l'école communale avant de rejoindre les grands, loin, au collège de Plaisance. J'y suis entrée en octobre 1960... 


 

    A partir de 1970, Mme Lasserre de Marciac et Mlle Vermeulen de Tarbes remplacent le couple Dubos puis  M. et Mme Cazenave prennent le relais jusqu'aux années 1990. M. Cazenave fut aussi secrétaire de mairie.

Fait remarquable : en pratiquement un siècle, seulement quatre couples d'instituteurs se sont succédés  ce qui témoigne du fait que les maîtres ont toujours été heureux de travailler à Ladevèze et en très bons termes avec la population.

 

L'école au XIXème siècle

   Avant la construction du groupe scolaire tel que nous le connaissons aujourd'hui, les enfants étaient accueillis depuis 1833 dans une salle de classe unique (voir ci-contre à droite) accolée à la nouvelle église  de Saint-Laurent. Cette date correspond à la promulgation de la loi Guizot sous la Monarchie de Juillet qui impose à toute les communes de France d'entretenir une école primaire et un instituteur.

On y accédait par une porte située sous  le porche. Cette salle qui faisait aussi office de maison commune (ancienne mairie) est bien matérialisée sur le cadastre napoléonien de 1839.

 Elle porte le n° 542  (voir ci-dessous).

école de ladevèze-Rivière salle de classe 1850 autrefois

Cette salle a été démolie à l'occasion de la réfection de l'église en 2012-2013.

école de ladevèze-Rivière salle de classe 1850 autrefois

 Sous le Second Empire, M. Jean-Marie Lauzin et Mlle Dominiquette Minvielle sont instituteurs à Ladevèze.