Ecole de Saint-Aunix Lengros

 

Ecole de Saint-Aunix Lengros

L'école communale située au lieu dit "Au Noutary"

   

    L'école laïque de Saint-Aunix voit le jour suite aux lois Ferry de 1882 qui rendent l'école obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans.

  Elle était constituée comme souvent dans les communes de petite taille d'une classe unique et mixte qui accueillait les enfants à partir de 5 ou 6 ans jusqu'à l'obtention du certificat d'études (12 ou 13 ans).

   Elle jouxtait la Mairie et était fréquentée par les enfants de la commune mais aussi des quartiers limitrophes des "Contes" ou des "Avérons" plus proches de Saint-Aunix que des écoles de Plaisance.

Ecole de Saint-Aunix Lengros

Lors de la fermeture de l'école de Tieste-Uragnoux dans les années 1970, des enfants de cette commune fréquenteront un temps l'école.

 

      Malheureusement comme pratiquement toutes les petites écoles rurales, par manque d'élèves, elle fermera ses portes en juin 1985 et sera transformée en salle de réunion et secrétariat de Mairie.


Il y eut parfois deux classes en fonction du nombre d'élèves (plus de quarante parfois) : la deuxième salle de classe, plus petite était située dans le corps principal de la bâtisse*. Il y avait un poêle central dans la grande salle et la salle des fêtes d'aujourd'hui était un préau ouvert à l'époque sous lequel les enfants prenaient leur casse-croûte et jouaient à "la marelle".

 

*Le corps principal du bâtiment accueillait aussi la Mairie, le logement de fonction de l'instituteur et une petite salle dans laquelle les enfants pouvaient prendre leur déjeuner.

 

Les instituteurs...


M. Bernard Laspalles né à Laborde dans les Baronnies (Hautes-Pyrénées) et demeurant à Lengros fut instituteur à l'école durant 27 ans de 1883 à 1910.

Il fut remplacé par M. Lucien Calestrie né à Tieste-Uragnoux qui resta en poste pendant 3 ans de 1910 à 1913.

M. Paul Morère né à Cantonvielle (Gers) fut nommé à Saint-Aunix Lengros à la rentrée 1913 (1er octobre) et resta 18 ans à l'école jusqu'en juillet 1931. Rappelé sous les drapeaux, il fut remplacé par Mme Yvonne Vacquier pendant toute la durée de la Grande Guerre. M. Morère terminera sa carrière à Villecomtal.   

A partir de 1931, il n'y eut plus que des institutrices à Saint-Aunix:

Mme Yvonne Vacquier née Boisset de 1931 à 1941.

Mme Antoinette Lamothe de 1941 à 1946

Mme Odette Avezou de 1946 à 1950

Mme Yvette Duffau née Loupiac de 1950 à 1969. Mme Duffau partit ensuite pour Plaisance rejoindre l'école des filles.   

Mme Vacquier vers 1950


Les élèves et la maîtresse en 1953 (document Mme Y. Pizzinat)

   Face à l'accroissement du nombre d'élève résultant du "baby boom", une deuxième maîtresse est nommée à la rentrée 1957 : Mlle Monique Védeilhé remplacée par Mlle Théodorette Jugo en 1958, puis par Mme Paule Desjardin née Ducastin en 1959 et enfin par Mme Madeleine Périssé née Rande en 1962. Durant cette période, c'est Mme Duffau qui assurait la direction de l'école.

 

   Les années 1970 seront marquées par une baisse constante des effectifs et il ne restera plus qu'un seul instituteur.

 

L'école sous l'Ancien Régime

 

   Le plus ancien maître d'école connu à ce jour à Saint-Aunix est Pierre Bachette. Il enseignait certainement dans la salle située au fond de l'église et qui fait aujourd'hui office de sacristie. Depuis la reconstruction de l'église en 1733-1734, c'était aussi la maison commune du village et on y accédait par la porte située à l'est, à l'arrière de l'édifice. L'école ne sera déplacée qu'à la fin du XIXème siècle et cette salle de classe fut ensuite dévolue au cours de catéchisme. Pierre Bachette était marié à Françoise Cazieux. Il est décédé section de Lengros le 7 vendémiaire An 12 (30 septembre 1803), son épouse le 17 avril 1809.

A cette époque, le maître d'école ou "régent" était rémunéré en argent ou en denrée par les parents d'élèves. La fréquentation de l'école variant beaucoup en fonction des saisons, l'instituteur était souvent contraint de diversifier ses activités pour vivre. Il n'était pas rare de le retrouver sonneur de cloche, chantre et parfois même fossoyeur !

 

L'école au XIXème siècle

 

   Sous le Premier Empire, l'instituteur de la commune de Saint-Aunix n'est autre que Michel Bachette (1776-1848), né à Lengros,  fils de Pierre et Françoise Bachette, née Cazieux. Il reçoit son autorisation d'exercer en 1811 vu le certificat de capacité et de moralité délivré par l'Université Impériale nouvellement créée et plus particulièrement par l'académie de Cahors qui chapeautait les départements du Gers, du Lot et du Lot et Garonne. 

Michel Bachette a épousé Bernarde Dufau le 24 février 1810 à Lengros ; un fils: François Bachette né le 24 décembre 1810.

 Michel Bachette était aussi secrétaire de mairie.

    Sous la Monarchie de Juillet, la loi Guizot du 28 juin 1833 impose à chaque commune d'entretenir une école publique de garçon, de loger et rémunérer un instituteur. La municipalité de Saint-Aunix Lengros dirigée par Guillaume Broca (1769-1846) et qui accueillait déjà un maître (cf supra), va passer une convention avec ce dernier afin d'affecter sa propre maison au logement et la maison commune "qui est en très bon état et qui a toujours servi de maison d'école" à l'établissement de l'école communale (délibération du 11 août 1833).

  L'instituteur Michel Bachette était alors rémunéré par la commune, le département et l'Etat à hauteur de 200 F* fixe par an. A cela s'ajoutait la rétribution scolaire fixée à 1 F 50 par mois et par enfant, payé directement par le parent au maître, en argent ou en denrée. Douze garçons indigents du village étaient admis gratuitement en 1833.

   Les écoles de filles n'étaient pas obligatoires pour les petites communes. Les jeunes filles qui le pouvaient devaient donc fréquenter les écoles privés qui étaient peu nombreuses à l'époque. A Saint-Aunix, les filles sont accueillies dès 1842 mais sont peu nombreuses.

 

      Sous la IIème République, Jean-Marie Duffau (1814-1890) est instituteur, le restera sous le Second Empire et jusqu'au tout début de la IIIème République. Il est né au lieu dit Barbasson au quartier voisin des Contes (Plaisance).

  Sous le Second Empire, en 1868, vint s'ajouter l'institutrice Catherine Ducarme de Labatut-Rivière qui fut nommée institutrice communale après avoir levé la main droite et prononcé le serment prescrit par la loi : "Je jure obéissance à la constitution et fidélité à l'Empereur ".

  Elle logeait chez Jean-Marie Nabonne dit "Bustarot", propriétaire, proche voisin de l'église. Elle recevait 40 F d'indemnité de logement annuelle.


   Ses émoluments étaient directement versés par la commune qui l'employait mais l'Etat et le Département participait à hauteur de 403,27 F sur les 700 F de salaire annuel. La commune se finançait par la rétribution scolaire. Les tarifs s'établissaient comme suit :

      enf. de + 7 ans : 16 F par an + 3 F par mois auquel s'ajoutaient 10 F par an pour financer l'instituteur

      enf. de - 7 ans : 12 F par an + 2 F par mois auquel s'ajoutaient 8 F par an pour financer l'instituteur.

 

     Sous la IIIème République, en 1879, les tarifs de la rétribution scolaire étaient identiques mais le salaire de l'instituteur était de 1100 F et de 900 F pour l'institutrice. L'école était toujours gratuite pour les enfants les plus pauvres. Trois instituteurs étaient recensés dans la commune : Mlle Ducarme puis Mlle  Marceline Espenan et M. Jean-Adolphe Arrouy .

 

 

Choix de l'emplacement pour la nouvelle maison d'école

 

     L'Etat, par la loi du 1er juin 1878, incite les communes à investir dans une maison d'école digne de ce nom par l'attribution d'une subvention.

    Le territoire concerné par l'école communale comprenait bien entendu l'ensemble de la commune de Saint-Aunix Lengros mais aussi le quartier plaisantin des "Contes" ; ce quartier appartenant depuis très longtemps à la paroisse de Saint-Aunix. Ne disait-on pas à leur sujet: "vivants de Plaisance et morts de Saint-Aunix !"

L'emplacement de la future école devait donc obligatoirement tenir compte de cet état de fait d'autant qu'en 1868, certains habitants des Contes avaient déjà réclamés qu'une école de hameau soit établie dans leur quartier.

   La municipalité, ne disposant pas de terrain communal, envisagea d'acheter une parcelle de 18 ares (1800 m2) à Pierre Laterrade, cafetier, à l'emplacement actuel de l'école mais ce choix ne fit pas l'unanimité au sein du conseil municipal.

Une offre d'achat pour un autre terrain situé au quartier de Pessan fut faite à François Richelle dit "Pellat" (voir ci-contre).  C'était aussi un lieu "central, d'un abord facile, salubre, à proximité de l'église et distant de tous les lieux ou établissements dangereux ou malsains".


La commune fit une offre de 40 F l'are mais M. Richelle "refusa de céder à aucun prix à la commune".

  Finalement, après visite de Monsieur l'Inspecteur primaire, c'est le premier choix qui fut validé.

Par délibération du 19 août 1879, le prix d'achat fut fixé à 800 F les 18 a 82 ca et accepté par M. Laterrade.

La maison d'école fut donc construite "Au Noutary" (Au Notaire) parcelle n°54 sur le cadastre et acollée à la maison pré-existante. Le maire d'alors était Bernard Broca, petit fils de Guillaume Broca.